Sélection et club en même temps : le cas David Pagou est loin d’être une première

David Pagou cumule sélection nationale et club avec Coton Sport de Garoua. Un cas loin d’être inédit, déjà observé en Europe et en Asie dans l’histoire du football.

La décision de voir David Pagou, actuel sélectionneur des Lions Indomptables, diriger simultanément Coton Sport de Garoua avec lequel il s’apprête à entamer la saison 2026 ce dimanche, a relancé un débat récurrent dans le football camerounais. Pour une partie de l’opinion, cette situation serait inédite, voire problématique. Pourtant, un regard attentif sur l’histoire récente du football international montre que ce cumul de fonctions n’est ni nouveau, ni propre à l’Afrique.

Dans le football moderne, la norme reste un engagement exclusif, soit envers un club, soit envers une sélection nationale. Cependant, cette norme a connu des exceptions, souvent validées par les fédérations concernées et les clubs, dans des contextes bien précis. Ces choix ont généralement été dictés par des impératifs de transition, de calendrier ou de stabilité technique.

L’un des exemples les plus connus demeure celui de Guus Hiddink au début des années 2000. Le technicien néerlandais dirigeait à la fois la sélection sud-coréenne et le PSV Eindhoven lorsqu’il a conduit la Corée du Sud jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde 2002. Ce double rôle, assumé et contractualisé, reste aujourd’hui une référence souvent citée dans les débats sur le cumul club-sélection.

Plus récemment, entre 2015 et 2016, Leonid Slutsky a cumulé les fonctions de sélectionneur de la Russie et d’entraîneur du CSKA Moscou. Là encore, la fédération russe avait validé ce choix dans un cadre précis et temporaire. En Turquie, Fatih Terim a également connu une situation similaire en 2013 en dirigeant simultanément la sélection nationale et Galatasaray, même si cette expérience fut de courte durée.

Le cas le plus proche dans le temps est celui de l’Espagnol Manolo Márquez. En 2024, il a été nommé sélectionneur de l’Inde tout en conservant son poste d’entraîneur du FC Goa. Cette double mission, officiellement annoncée et assumée, a été encadrée par des accords clairs entre la fédération indienne et le club, avec un aménagement des responsabilités selon les périodes de compétition.

Ces précédents montrent que le cumul des fonctions n’est pas une aberration en soi. Il n’existe d’ailleurs aucune interdiction formelle dans les règlements de la FIFA empêchant un entraîneur de diriger simultanément un club et une sélection nationale, sauf si une clause d’exclusivité figure dans son contrat. Tout repose donc sur la clarté des accords, la gestion du calendrier et la capacité du technicien à assumer cette double charge.

Dans ce contexte, le cas de David Pagou s’inscrit dans une logique déjà observée ailleurs dans le monde. Il ne s’agit ni d’une exception africaine, ni d’une singularité camerounaise, mais d’un choix managérial lié à un moment précis, à un environnement donné et à des considérations sportives internes.

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La véritable question ne devrait donc pas être de savoir si ce cumul est acceptable par principe, mais plutôt si le cadre contractuel est clair et si les résultats sportifs suivent. L’histoire du football international démontre que ce modèle, bien que rare, a déjà été expérimenté sur plusieurs continents, parfois avec succès.

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Steve Wilfried Yomba Kemadjou est le Directeur de Publication, concepteur et fondateur du média Camerfoot-Infos. Il a une grosse connaissance du football camerounais et international. Bonne analyse des faits de jeux et des schémas tactiques dans le football. Il a également couvert des compétitions dont les Coupes d'Afrique des Nations Cameroun 2021 et Côte d'ivoire 2023.

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