Pedro Leitão Brito « Bubista » : l’entraîneur qui a appris à faire douter le Cameroun et les grandes nations

Pedro Leitão Brito « Bubista » a construit un Cap-Vert capable de battre le Cameroun, de briller à la CAN et de surprendre à la Coupe du monde 2026. Son parcours relance le débat sur les critères de choix des sélectionneurs en Afrique.

Lorsqu’un entraîneur parvient, saison après saison, à faire vaciller une grande sélection avec des moyens bien plus modestes, son travail finit souvent par attirer l’attention. En Europe, il n’est pas rare de voir une fédération recruter un technicien qui l’a mise en difficulté sur le terrain. Les dirigeants privilégient alors la compétence, la méthode et les résultats plutôt que le prestige du pays d’origine de l’entraîneur.

Le parcours de Pedro Leitão Brito, plus connu sous le nom de Bubista, s’inscrit parfaitement dans cette logique. Depuis sa nomination à la tête du Cap-Vert en 2020, le technicien cap-verdien a progressivement transformé les Requins Bleus en une équipe capable de rivaliser avec les meilleures sélections africaines et mondiales. Mais un adversaire revient constamment dans son parcours : le Cameroun.

Bubista, un sélectionneur qui sait jouer contre les Lions Indomptables

Son premier grand coup intervient lors des éliminatoires de la CAN 2021. Le 26 mars 2021, le Cap-Vert s’impose 3-1 face au Cameroun. Quelques mois plus tard, les deux sélections se retrouvent à la CAN organisée au Cameroun. Cette fois encore, les hommes de Bubista tiennent tête aux Lions Indomptables avec un match nul 1-1 au stade d’Olembe.

Puis vient la campagne des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Au match aller, le Cameroun s’impose largement à Yaoundé (4-1). Beaucoup imaginent alors que le Cap-Vert est définitivement distancé. Pourtant, Bubista ne change pas sa philosophie. Son équipe poursuit son travail, retrouve progressivement son équilibre et remporte le match retour (1-0), un succès déterminant qui contribue à la qualification historique du Cap-Vert pour sa première Coupe du monde.

En quatre confrontations contre les Lions Indomptables depuis son arrivée à la tête du Cap-Vert, Bubista présente un bilan loin d’être anodin : deux victoires, un match nul et une seule défaite.

Des résultats qui dépassent le Cameroun

Le travail de Bubista ne se résume pas à ses confrontations contre les Lions. À la CAN 2023, le Cap-Vert termine premier de son groupe devant le Ghana et l’Égypte. Dans les matchs face à deux historiques de la CAN, ils s’imposent face au Ghana et fait un match nul (2-2) face à l’Égypte. Par la suite, il élimine la Mauritanie puis atteint les quarts de finale.

Lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, les Cap-Verdiens terminent devant le Cameroun, tiennent l’Angola en échec avant de s’imposer à Luanda et prennent quatre points face à la Libye.

Au Mondial 2026, ils enchaînent ensuite un nul contre l’Uruguay (2-2), un autre face à l’Espagne (0-0), puis un troisième contre l’Arabie saoudite (0-0), avant de pousser l’Argentine jusqu’en prolongation lors d’une défaite 3-2 qui restera comme l’une des grandes surprises de la compétition.

Toutes ces performances portent la signature d’un entraîneur qui a su bâtir une équipe disciplinée, compacte et capable de souffrir sans jamais renoncer.

Un profil que le Cameroun peut étudier sur le cycle des 4 prochaines années

À titre personnel, si j’étais aujourd’hui à la tête de la Fédération camerounaise de football, Pedro Leitão Brito « Bubista » ferait partie des tout premiers profils que j’étudierais pour ouvrir un nouveau cycle avec les Lions Indomptables.

Pourquoi ? Parce qu’au-delà des résultats, il a démontré une qualité essentielle : construire une équipe capable de rivaliser avec les grandes nations. Son Cap-Vert ne se contente pas de défendre. Il sait faire douter des sélections comme le Cameroun, le Ghana, l’Égypte, l’Uruguay, l’Espagne ou encore l’Argentine. Or, c’est précisément ce type de capacité qui permet, à terme, de remporter les grandes compétitions.

Après la Coupe du monde 2026, le Cameroun devra ouvrir un nouveau chapitre. Les prochaines échéances, avec les éliminatoires de la CAN 2027 puis la préparation de la Coupe du monde 2030, exigeront une vision, une méthode et un projet de long terme.

À mes yeux, les dirigeants du football camerounais comme l’ensemble de son environnement devront veiller à ce que les débats sur le choix du sélectionneur restent centrés avant tout sur les compétences et le projet sportif. Les questions d’appartenance, qui alimentent régulièrement les discussions dans la société camerounaise, ne devraient pas prendre le pas sur l’évaluation du mérite et de l’expérience.

Le football international montre qu’un grand projet peut être confié à un entraîneur venu d’un pays dont le palmarès est moins prestigieux que celui de la sélection qu’il dirige. Ce qui compte, ce n’est pas le passeport, mais la capacité à faire progresser une équipe et à obtenir des résultats.

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C’est pourquoi, si j’avais la responsabilité de construire le prochain projet des Lions Indomptables, je n’hésiterais pas à considérer sérieusement un entraîneur comme Bubista. Son travail avec le Cap-Vert démontre qu’il possède les qualités pour bâtir une équipe compétitive sur un cycle de quatre ans. À mes yeux, c’est ce type de profil que le Cameroun devrait être prêt à examiner, sans préjugés liés à l’origine, mais uniquement à la lumière de ses compétences et de ce qu’il a déjà prouvé sur le terrain.

✍🏽…. Steve Wilfried Yomba

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Steve Wilfried Yomba Kemadjou est le Directeur de Publication, concepteur et fondateur du média Camerfoot-Infos. Il a une grosse connaissance du football camerounais et international. Bonne analyse des faits de jeux et des schémas tactiques dans le football. Il a également couvert des compétitions dont les Coupes d'Afrique des Nations Cameroun 2021 et Côte d'ivoire 2023.

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