FECAFOOT-A : une fédération parallèle déjà vouée à l’échec ?

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Des anciens cadres de la FECAFOOT annoncent la création d’une fédération parallèle, la « FECAFOOT-A ». Mais sans reconnaissance de la FIFA ni de la CAF, ce projet semble déjà voué à l’échec.

Le 4 novembre 2025, à Yaoundé, un groupe d’anciens acteurs du football camerounais a tenu une assemblée générale constitutive marquant la naissance d’une nouvelle structure baptisée Fédération Camerounaise de Football – Association (FECAFOOT-A). Selon le procès-verbal rendu public le 5 novembre, cette initiative vise à « promouvoir, vulgariser et développer le football camerounais conformément aux lois nationales et aux règlements internationaux ».

Derrière cette déclaration d’intention se cachent plusieurs figures connues du paysage sportif, dont François Ndedi Mbengue. d’autres comme Guibaï Gatama, Ndjalla Quan Junior, Joseph Feutcheu et Giscard Mondomobe, pour la plupart en rupture avec la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) actuelle, présidée par Samuel Eto’o, ont aussi été cités dans ce projet. L’assemblée aurait également désigné Benjamin Amenda comme secrétaire général, et confié la supervision du processus électoral interne à Gilbert Schlick.

Une initiative sans reconnaissance légale

Si les initiateurs affirment vouloir redonner « sa grandeur » au football camerounais, leur projet se heurte d’emblée à une réalité juridique incontournable : la FECAFOOT-A n’a aucune reconnaissance officielle. À ce jour, ni la FIFA ni la Confédération Africaine de Football (CAF) n’ont validé l’existence de cette fédération parallèle. Or, selon les statuts internationaux, une seule fédération par pays peut être reconnue pour gérer le football national.

En conséquence, la FECAFOOT dirigée par Samuel Eto’o demeure la seule entité légitime aux yeux des autorités nationales et internationales. La nouvelle structure n’a donc aucun pouvoir pour organiser des compétitions, délivrer des licences ou représenter le Cameroun dans les instances du football mondial.

Des désistements précoces parmi les initiateurs

Quelques heures après la publication du procès-verbal, le projet a commencé à se fissurer. Deux personnalités citées dans les documents ont publiquement pris leurs distances.

Henri Njalla Quan se désolidarise du projet

L’ancien 4ᵉ vice-président de la FECAFOOT, Henri Njalla Quan, a démenti toute implication dans cette initiative : « Je n’ai jamais été associé à la création d’une FECAFOOT parallèle. Mon nom a été utilisé sans mon accord. Je me désolidarise formellement de cette démarche et me réserve le droit d’engager des poursuites », a-t-il déclaré.

Le diriegeant de la Njalla Quan Sports Academy rappelle qu’il s’est retiré de toute activité liée au football depuis sa démission en juillet 2023, préférant concentrer ses efforts sur la relance de son académie, dont le 25ᵉ anniversaire sera célébré en décembre prochain à Limbé.

Guibaï Gatama dément également toute participation

Autre surprise : Guibaï Gatama, cité parmi les membres fondateurs, a lui aussi rejeté toute affiliation à la FECAFOOT-A : « Je découvre cette initiative sur les réseaux sociaux. Je n’ai été ni informé, ni consulté. Étant toujours membre du Comité exécutif de la FECAFOOT, je ne saurais adhérer à une telle entreprise », a-t-il précisé.

Ces désaveux fragilisent fortement la crédibilité de la démarche, révélant un manque de coordination et de cohérence interne au sein des initiateurs du projet.

Une nouvelle tentative de contestation de Samuel Eto’o

Pour de nombreux observateurs, la création de cette FECAFOOT parallèle s’inscrit dans la continuité d’une série de tentatives avortées de contestation de la présidence de Samuel Eto’o. Depuis son élection, l’ancien capitaine des Lions Indomptables fait face à une opposition structurée, dont certaines actions ont été rejetées par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Cependant, cette nouvelle initiative semble davantage symbolique que stratégique. Sans reconnaissance institutionnelle ni soutien populaire, la FECAFOOT-A apparaît comme une coquille vide.

Un « mort-né » du football camerounais

La création d’une fédération parallèle, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut survivre sans validation des instances internationales. Dans un contexte où la FECAFOOT d’Eto’o conserve l’entière légitimité sur le plan national et international, la FECAFOOT-A semble condamnée avant même d’avoir commencé. Entre désaccords internes, absence de base juridique et désistements publics, ce projet illustre avant tout la profonde crise de confiance qui mine le football camerounais.

Mais sur le plan des faits, il s’agit surtout d’un mouvement sans avenir, d’un « mort-né » institutionnel dans un environnement déjà saturé de tensions et de rivalités

En savoir plus sur

Steve Wilfried Yomba Kemadjou est le Directeur de Publication, concepteur et fondateur du média Camerfoot-Infos. Il a une grosse connaissance du football camerounais et international. Bonne analyse des faits de jeux et des schémas tactiques dans le football. Il a également couvert des compétitions dont les Coupes d'Afrique des Nations Cameroun 2021 et Côte d'ivoire 2023.

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